Mot du Président

 

S’adapter aux changements

Une amie me racontait récemment avoir assisté à une conférence prononcée par le président d’une grande banque canadienne et qui relatait les changements qui ont touché le quotidien des institutions financières au cours des dernières décennies. Les plus expérimentés d’entre vous se rappellent certainement de l’époque où il était nécessaire, le jeudi de la paie, de faire une longue file à la banque afin de déposer son chèque et de retirer par le fait même l’argent comptant nécessaire pour couvrir les dépenses jusqu’à la prochaine paie. Maintenant, la paie est déposée directement, on paie par débit direct ou carte de crédit et on peut même déposer un chèque en le prenant en photo avec notre téléphone.

Le marché des institutions financières est un marché fort compétitif et ces dernières n’ont autre choix que de réagir rapidement au changement et à innover en mettant en valeur, plus souvent qu’autrement, l’évolution technologique. Les banques sont condamnées au changement.

Au début 2015, le marché de la vente au détail a été frappé par l’annonce de nombreuses fermetures de commerces qui opéraient dans les centres commerciaux. Le principal changement, de nature structurelle, est la popularité et la croissance des achats en ligne.

Cette vague de fermeture a touché plusieurs bannières, ce qui a donné du fil à retordre à plusieurs propriétaires de centres commerciaux. Ces derniers viennent à peine de redévelopper les espaces laissés vacants en 2015 par le départ de Target, que Sears annonce en octobre 2017 la fermeture de toutes ses succursales. Plusieurs observateurs relatent que Sears n’a historiquement pas suffisamment réagi au changement et après 65 ans d’activité, c’est la fin d’une époque. Ce sera un autre coup dur pour les propriétaires de centres commerciaux. Les plus optimistes ou philosophes diront que c’est un autre grand défi qui les amènera à redéfinir l’avenir du mail commercial traditionnel.

La forte évolution des ventes en ligne amène les détaillants les plus proactifs à se dépasser. Amazon et Wal-Mart se livrent une bataille féroce pour les parts de marché en mettant sur place un système de livraison ultra rapide à domicile. Amazon travaille actuellement à mettre sur pied des magasins d’alimentation sans caisses enregistreuses (Amazon Go) ou une application détecte tout simplement les items que le client prend et facture ce dernier via une application dès la sortie du magasin. Malgré des difficultés d’implantation, ce genre de technologie risque de bouleverser la façon d’opérer un commerce de détail et d’influencer le marché des travailleurs du secteur du détail.

Ces exemples montrent clairement que les organisations, pour demeurer compétitives doivent constamment se renouveler et remettre en question leurs procédés d’affaires, le plus souvent en utilisant les derniers développements technologiques.

Ramenons le tout plus près du quotidien de l’évaluateur municipal.

Récemment, j’ai été impressionné par la visite virtuelle 3D offerte depuis juin 2017 aux clients qui affichent leur propriété à vendre via DuProprio. L’application et la technologie développée par l’entreprise Pinthree permettent littéralement de numériser l’ensemble des pièces d’une maison et d’accéder à chacune d’entre elles de façon virtuelle. Je vous recommande d’aller voir par vous-même, c’est plutôt épatant!

Voici un aperçu :

Vue en façade de la maison

Vue en format «dollhouse»

Vue 3D des pièces intérieures

Les différentes options permettent de visualiser chacun des étages de la maison à vol d’oiseau et sous différents angles et virtuellement d’accéder à chacune des pièces avec une qualité d’image remarquable.

Il est difficile d’avoir meilleure image de l’objet vendu, car la numérisation de la maison s’est effectuée au moment de la mise en marché de la maison.

Actuellement, nos normes professionnelles obligent une visite physique des tous les immeubles vendus dont la transaction sera utilisée lors de l’équilibration d’un nouveau rôle d’évaluation. On peut prévoir que plusieurs organisations œuvrant à la vente de propriétés immobilières offriront prochainement ce genre de visite virtuelle et que le nombre de visites virtuelles disponible augmentera. Ce récent développement technologique, m’amène à réfléchir sur la nécessité de procéder systématiquement à la visite des tous les immeubles vendus.

Peut-être est-il le temps que notre ordre professionnel remette en question certains aspects de la norme 20.1?

Sachez que l’AEMQ, soucieuse du quotidien des évaluateurs municipaux du Québec, a formé un comité chargé de réfléchir à la question et que le fruit de cette réflexion sera prochainement partagé avec nos instances réglementaires.

Tout comme différents domaines où le marché impose d’évoluer et d’utiliser les nouveaux développements technologiques, l’évaluateur municipal doit demeurer attentif aux nouveautés, constamment remettre en question ses façons de faire et nécessairement s’adapter aux changements.

Je vous souhaite bonne réflexion à ce sujet et surtout une bonne période hivernale.


Louis Garant, É.A.
Président de l'A.É.M.Q